Épisode 1 : l’hybridation débridée de la cucurbitacée

Épisode 1 : l’hybridation débridée de la cucurbitacée

23 octobre 2020 2

Voici comment les variétés de courges adorent se mélanger ; pourquoi la jolie coloquinte peut être perfide et la manière d’éviter de s’intoxiquer à la terrrrrrrible cucurbitacine.

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Coulisses de l’épisode et sources d’Azade, épisode 1 – Tome 2

Bien sûr, à la fin Azade et Églantine vont intervenir pour empêcher les enfants de repartir avec le gratin « poison » !

C’est rare, mais les intoxications à la cucurbitacine, caractérisée par l’amertume des courges et courgettes, arrivent chaque année, comme le rappelle l’ANSES sur la base des données issues des centres anti-poison.

Extrait : « Sur les 1159 confusions recensées entre 2012 et 2018, celles de courges amères ou coloquintes avec des courges comestibles représentaient la 3e confusion la plus fréquente (8,5% du total des confusions), après les confusions de plantes à bulbes toxiques avec des bulbes comestibles (12%) et les confusions de marron d’Inde avec des châtaignes (11%) ».

En cause la plupart du temps, une confusion entre les courges comestibles et les courges décoratives (les « coloquintes »), qui sont parfois vendues côte à côte, sur les mêmes étals.

Autre origine d’intoxication : quand une courge comestible et une courge décorative toxique s’hybrident et qu’on ressème les graines l’année suivante.

Cette étude détaille les cas d’intoxications aux courges non comestibles, dont celles issues de croisements spontanés et de récoltes de courges « sauvages ».

Voir aussi d’autres explications et mises en garde ici et .

Mais la cucurbitacine peut être aussi présente dans le nos courges comestibles : cette substance étant l’arme de défense de cette famille botanique, son taux augmente quand le plant est stressé, par exemple lors d’une forte canicule.

Les explications en vidéo ici :

 

L’ingestion de cucurbitacine se manifeste par des nausées, diarrhées, vomissements, douleurs au ventre, déshydratation, hypotension, maux de tête, vertiges…

Parfois une chute de cheveux, comme c’est arrivé à trois françaises (lire ici).

Dans les cas les plus graves, elle peut conduire à la mort. Un allemand âgé de 79 ans est ainsi décédé en 2015 après avoir consommé des courgettes « amères » (lire ).

Cette émission de la RTS revient sur ce cas et donne des conseils pour éviter de s’empoisonner.

Pour les puristes : le terme de coloquinte est improprement utilisé pour désigner plusieurs espèces de courges décoratives (dont des « cucurbita pepo, donc susceptibles de se croiser avec des courgettes). La vraie coloquinte est Citrullus colocynthis, originaire d’Afrique, jolie et toxique aussi. C’est expliqué ici.

Une thèse complète a été consacrée récemment aux intoxications à la vraie coloquinte pour le titre de docteur en pharmacie. Cette thèse présente aussi les vertus et usages médicinaux des cucurbitacées en général. A retrouver .

Concernant les hybridations chez les pepo, le formidable blog d’Annick Boidron, Au jardin des quatre moineaux, en parle dans ce post.

Il semblerait que des croisements puissent avoir également lieu avec une espèce américaine comestible, peu cultivée chez nous, Cucurbita argyrosperma, comme présenté ici et dans cette discussion sur tomodori.

Quelques autres informations qu’on avait envie de partager avec vous :

Pour reconnaître les fleurs mâles (qu’on peut manger farcies, crues, en beignet, etc), des fleurs femelles (qu’il ne faut pas manger si on veut une récolte pardi !) et mieux connaître la pollinisation des courges => clic sur ce post du jardinier paresseux.

Le record de la plus grosse citrouille c’est en Belgique et c’est ici et . Et en vidéo dessous :

Pour reconnaître les différentes espèces, et tout savoir sur les courges avec la Société française des cucurbitacées. Si, si cette Société existe ! la preuve.

Dans cet article assez complet, Kokopelli présente l’histoire des courges, les différentes espèces et leur culture, ici.

La cucurbitacine repousse les prédateurs des courges. Mais certains insectes au contraire l’adorent ! Par exemple : les chrysomèles du concombre, ravageurs des courges, qui supportent cette substance mais en plus la recherche car elles en ont besoin. Les infos .

Enfin, des recherches sont en cours sur l’utilisation de la cucurbitacine pour lutter contre les cancers, comme c’est expliqué ici et développé .

Encore un peu de salade de concombre ? De velouté de potimarron ?

A bientôt camarades ! Prenez soin de vous et cultivez vos jardins.

Semez des graines !